Célébration de la Journée Internationale de l’Enfant Africain dans le territoire Kalehe, Province du Sud-Kivu

Chaque  le 16 Juin, le monde célèbre la journée internationale de l’Enfant Africain, décrétée par l’union africaine depuis le 16 Juin 1991, en souvenir du massacre de centaines d’enfants lors d’une marche pour  leurs droits à Soweto (Afrique du Sud) par le pouvoir de l’apartheid le 16 Juin 1976.[1]

Après 30 ans de l’adoption de la charte de la protection de l’enfant. Aujourd’hui la situation des enfants en Afrique est toujours préoccupante.

En RDC, Plusieurs défis sont encore à relever car les enfants sont victimes de plusieurs maux qui les empêchent de s’épanouir de manière harmonieuse, certains sont marginalisés suite à leur état physique, psychologique, économique (orphelins, infimité, etc.). Une autre catégorie d’enfants est associée aux forces et aux groupes armés (EAFGA). Cette définition inclut ceux qui ont pris part à un rôle quelconque dans une force ou un groupe armé à quelque titre que ce soit, y compris, mais sans s’y limiter, les combattants, les cuisiniers, les porteurs, les messagers, ainsi que ceux qui ont été en contact avec ces groupes, les soutenant ou s’engageant avec eux pour quelque raison que ce soit[2].

C’est ainsi que, pour sensibiliser les parents et tous les autres partenaires en vue de tenir en compte de Droits et Devoirs des enfants dans le monde, en Afrique en particulier, une journée internationale de l’enfant Africain a été décrétée par l’union Africaine depuis le 16 Juin 1991.

Dans le cadre du projet financé par l’organisation Watchlist on children and Armed conflict  et exécuté par l’organisation AJEDI-Ka, un projet intervenant en faveur des enfants victimes des conflits armés, l’organisation AJEDI-Ka a trouvé intéressant de célébrer la journée internationale de l’enfant Africain dans le territoire de Kalehe dans la province du Sud-kivu et précisément à Kalehe-IHUSI, dans le Guest house MAGADJU BALIWABO TITO, Avec pour thème « les enfants au cœur de l’Afrique, protégeons-les pour leur garantir un avenir meilleur ».

Cette journée a regroupé plusieurs organisations sœurs œuvrant dans la protection de l’enfant dans le territoire de Kalehe, la société civile, le parlement d’enfants, les services et divisions étatiques œuvrant dans la protection de l’enfant, les autorités politico-administratives du territoire de Kalehe, les représentants des forces armées congolaises et de la police de kalehe, les leaders locaux, quelques parents et les enfants orphelins, infirmes, associés aux forces et groupes armés, non accompagnés etc.

L’objectif de cette journée était de pouvoir montrer d’abord aux participants l’importance de lutter contre l’utilisation et enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés, et ensuite leur montrer que la place des enfants n’est pas dans les forces et groupes armés qui les exposent à des dangers imminents, plutôt dans la communauté où ils doivent bénéficier d’une éducation de base afin de préparer leur avenir en les associant à toute idée et avantage à leur faveur.

Les enfants ont animé et sensibilisé les participants via une chanson intitulé : «  MUSITUME WATOTO JESHINI », ce qui se traduit en Français « NE NOUS ENVOYEZ PAS DANS L’ARMÉ ». À partir de cette chanson, les enfants ont exhorté les parents à prendre leurs responsabilités et ne pas permettre qu’ils soient associés aux forces et groupes armés.  Car chantent-ils «  Dans l’armée les enfants mangent mal, boivent l’alcool, fument la cigarette et ils n’ont pas d’avenir ».

Les participants touchés par les animations et sensibilisations des enfants, ils ont soulevé les défis récurrents ci-après liés à la protection de l’enfant dans le territoire de Kalehe, entre autres :

  • Le recrutement des enfants dans les groupes armés
  • Les enfants orphelins non encadrés
  • Les jeunes filles associées aux forces et groupes armés
  • Les enfants des filles-mères délaissés
  • Les grosses précoces et non planifiées
  • Les enfants abandonnées ou séparés des parents
  • L’exploitation économique des enfants dans les sites miniers et les activités de pêche
  • L’exploitation sexuelle des petites filles dans les maisons de tolérance.
  • Le mélange des mineurs et des adultes dans la même prison

Au-delà des défis soulevés par les participants, une série de recommandations a été formulée pour que la protection de l’enfant dans le territoire de Kalehe soit effective et efficace :

  • Que le gouvernement congolais procède ou initie un dialogue avec les responsables des groupes armés afin de libérer les enfants dans  leurs mouvements et les intégrer dans leurs familles respectives
  • Promouvoir l’acceptation de la communauté des jeunes filles associées aux groupes armés
  • Mettre en place des centres d’apprentissage des métiers pour l’encadrement des filles-mères
  • Initier une action de plaidoyer aux ONG pour mettre en place des orphelinats
  • Faire participer les enfants dans les affaires qui les concernent
  • Vulgariser la loi portant protection de l’enfant auprès des parents illettrés.
  • Encourager les sensibilisations intensives
  • Que la prison de Kalehe ait une place pour enfants et pour adultes.
  • Que les organisations œuvrant dans la protection de l’enfant travaillent en consortium pour le bien-être de l’enfant.

Monsieur MABIRAGI Léon président du parlement des enfants à Kalehe, madame LUZIGE VUMILIA Solange responsable du service genre, famille et enfant dans le territoire de Kalehe, monsieur KATAZA MIHIGO Jean-Pierre chef de bureau de l’administrateur du territoire et d’autres participants ont présenté  à tour de rôle leurs remerciements à l’AJEDI-Ka pour avoir célébré la journée internationale de l’enfant Africain et sourtout pour avoir sensibilisé les parents et d’autres acteurs sur la protection de l’enfant et se sont engagés à travailler main dans la main avec AJEDI-Ka pour relever les défis liés à la protection de l’enfant dans le territoire de Kalehe, et lutter contre l’utilisation et enrôlement des enfants dans les forces et groupes armés.

Cette journée internationale de l’enfant Africain a été clôturée dans une ambiance festive et des photos de famille ont été prises.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_de_l%27enfant_africain

[2] Usaid, IRC, Articolo12.,  Programme d’intervention. Se renforcer ensemble : un programme d’éducation parentale visant à soutenir la réintégration des enfants et à prévenir leur recrutement. P. 10
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